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17 Feb

Sur les traces de l'Aéropostale

Publié par yvesetnickie.over-blog.com  - Catégories :  #Maroc 2016

Mardi 16 février 2016 :

Nous quittons ce matin Sidi Ifni et cette fois nous reprenons la caravane qui est restée trois semaines dans la rue. Il est tombé quelques gouttes d’eau cette nuit, vite évaporées par le soleil qui brille à nouveau, mais au prix d’un vent de nord assez violent et pas très chaud. C’est souvent le cas en cette saison sur la côte même si jusqu’à présent nous avions eu la chance d’y échapper…

Nous avons prévu de descendre le long de l’Atlantique, sans objectifs très précis. Juste un petit fantasme : suivre par voie de terre la ligne aérienne de l’Aéropostale. Ces pionniers de l’aviation suivaient la côte Atlantique, à partir de 1925, avec les mêmes jalons que nous : Casablanca, Agadir, Cap-Juby (Tarfaya), Villa Cisneros (Dakhla), Port Etienne (Nouhadibou) et enfin Dakar, avant de s’aventurer plus tard à traverser l’océan. Nous n’irons pas jusqu’au bout mais nous pensons bien aller jusqu’à Dakhla …

Aujourd’hui, la première étape nous mène jusqu’à El Ouatia, aussi appelée Tan Tan Plage de par sa proximité avec cette petite ville située à 200 kms de Sidi Ifni.

El Ouatia fait partie de ces nombreuses « ex-futures-stations balnéaires » qui parsèment la côte marocaine. Beaucoup de projets abandonnés en cours, des maisons vides qui se dégradent … ça donne un petit côté fantomatique, encore renforcé par le sable qui, poussé par le vent, s’accumule un peu partout.

El Ouatia.
El Ouatia.
El Ouatia.

El Ouatia.

Le film du jour : nos premiers vents de sable de l’année sur la route, et la « majestueuse » entrée dans la ville de Tan Tan (toute ville marocaine de quelque importance se doit d’accueillir les voyageurs par un somptueux rond-point, suivi d’une grande quatre voies bordée de lampadaires, construite au milieu de nulle part et généralement vide de tout véhicule !)

L’anecdote du jour :

Tandis que nous sirotons notre jus d’avocat en terrasse près de la mer, notre voisin nous fait part de ses rêves d’Europe. Il me montre la mer vers l’ouest, la direction des Canaries que son frère a rejoint après trois jours dans une barcasse …

 Comment lui expliquer qu’il ne trouvera peut-être pas le bonheur chez nous ?

Le garçon de café se mêle à la conversation et la conclut sagement par cette sentence : « On croit toujours qu’il est plus facile de faire son miel ailleurs » !

 

Mercredi 17 février 2016 :

Le vent s’est calmé en début de nuit et a bien facilité notre sommeil. Nous repartons donc frais et dispos, toujours plein sud. La route devient de plus en plus saharienne et les dunes ont parfois tendance à prendre leurs aises sur la route !

Globalement la route entre désert et océan n’est pas passionnante mais nous connaissons un joli petit coin pour le pique-nique : la lagune de Naïla située dans une réserve naturelle. Quelques pêcheurs y disputent le poisson avec les flamants roses et autres échassiers que l’on aperçoit au loin sur de petits ilots.

La lagune de Naïla.
La lagune de Naïla.
La lagune de Naïla.
La lagune de Naïla.

La lagune de Naïla.

C’est un bon coin de bivouac mais nous le réservons pour la remontée car nous avons envie d’avancer jusqu’à Tarfaya et visiter le musée consacré à Saint-Exupéry : à chacun de nos passages précédents il était fermé. C’est encore le cas quand nous y arrivons mais, le temps d’un café, nous le trouvons enfin ouvert.

Ce petit musée, soutenu par une association française est très bien tenu et très pédagogique. Pourquoi un tel musée ici ? Tout simplement parce que Tarfaya est l’ancienne Cap Juby, une des étapes de la mythique Aéropostale ? La légende locale veut que le Petit Prince soit né ici en 1927, tout comme « Courrier Sud », dans le vague à l’âme d’Antoine de Saint-Exupéry, chef de station de l’Aéropostale pendant dix-huit mois. 

Quand on lit les récits de Saint-Exupéry, on se dit que nos conditions de voyage sont bien meilleures que les siennes…

Le musée de l'Aéropostale.
Le musée de l'Aéropostale.
Le musée de l'Aéropostale.
Le musée de l'Aéropostale.

Le musée de l'Aéropostale.

Dernier objectif de la journée : trouver un coin de bivouac pas trop près de la route et si possible pas trop exposé au vent qui a repris de plus belle dans la journée. Nous finissons par trouver, pas très loin de Laayoune, un endroit satisfaisant au moins la première condition.

Bivouac près de Laayoune.

Bivouac près de Laayoune.

 

Le saviez-vous ?

Même si elle s’est beaucoup développée depuis le simple fort cerné par les maures qui accueillait les aviateurs, Tarfaya reste une petite ville de 5.000 habitants très modeste, loin de tout et hors du temps. Vu sa position stratégique dans l’ancien Sahara Espagnol, elle fut choisie par Hassan II comme point de rassemblement pour la fameuse « Marche verte » en 1975. Elle vit principalement de son port de pêche et doit lutter sans cesse contre l’envahissement par le sable.

Outre les bâtiments de l’ancienne garnison espagnole, on y trouve encore l’étrange Casamar, une sorte de Fort Boyard saharien. Ce comptoir commercial construit en 1886 par l’écossais Mac Kenzie sur un rocher près de la plage a été ensuite reconverti en fort par les espagnols.

Tarfaya.
Tarfaya.
Tarfaya.
Tarfaya.

Tarfaya.

L’image du jour :

Cette photo a été prise à plus de 1.100  kilomètres de Tanger et pourtant il en reste 1.040 à parcourir pour atteindre Lagouira, dernière ville marocaine avant la Mauritanie.

C’est grand le Maroc !

Sur les traces de l'Aéropostale

L’anecdote du jour :

Ainsi s’est achevée définitivement la liaison ferry entre Tarfaya et les Iles Canaries après seulement six mois de fonctionnement …

Sur les traces de l'Aéropostale

L’anecdote du soir :

Une nouvelle rubrique plutôt inattendue …

Alors que la nuit est tombée et que nous nous apprêtons à diner, on frappe à la porte de la caravane. Qui cela peut-il être dans ce lieu qui nous parait désert ?

C’est un jeune militaire qui est là avec sa lampe torche. Il ne parle pas un mot de français mais de la conversation, un peu laborieuse, il ressort que je dois le suivre pour remettre nos fiches de police au poste. Et nous voilà partis tous les deux pour une promenade nocturne dans les dunettes.

Le poste n’est pas si loin que cela mais difficilement identifiable comme tel. Pour m’éviter une longue description, le voici photographié le lendemain matin !

Sur les traces de l'Aéropostale

Il y a là deux autres militaires des Forces auxiliaires royales, en survêtement, et par chance l’un deux parle français. Je remets mes fiches ce qui les contente pleinement et ils me confirment que nous pouvons bivouaquer sans problème. Après quelques amabilités, il ne me reste plus qu’à regagner la caravane, mais où est-elle, perdue dans la nuit ? A ma demande, et avec beaucoup de gentillesse le jeune militaire me remet sur la bonne voie. Ouf !!!

 

Jeudi 18 février 2016 :

Comme hier, le vent s’est progressivement calmé dans la soirée et la nuit a été calme.

Nous reprenons la route pour atteindre rapidement Laayoune ou plus exactement Foum el Oued sa banlieue de bord de mer. Comme à chacun de nos passages nous ne manquons pas d’y saluer Dédé, ami de notre ami Jean-Paul de Rabat, et son épouse Asmaa. Vaillant nonagénaire, il est installé ici depuis plus de 25 ans et nous régale toujours des histoires locales qu’il connait parfaitement.

La suite la voici en images avec par ordre d’apparition à l’écran : le « remblai » de Foum el Oued, un pique-nique au milieu de nulle part, 18O kms d’une route très monotone, l’arrêt café à Lemsid, seule bourgade sur la route entre Laayoune et Boujdour avec sa station-service, mosquée, épicerie, tabac … Enfin l’entrée à Boujdour après le traditionnel arrêt pour la fiche de police (avec les deux seules autruches survivantes au Maroc car les vraies ont été exterminées dans la région il y a bien longtemps !).

L’image du jour :

Derrière le bar à Lemsid, la très belle vitrine de l’épicerie. Les « Danone » (prononcer Danoune) désignent au Maroc tous les yaourts, mais le (ou la) « cachere » ??!!

Sur les traces de l'Aéropostale

L’anecdote du jour :

Installés au camping de Boujdour dans l’après-midi, nous montons dans le « centre ville » pour quelques achats. Mauvaise inspiration : le ciel tout bleu devient tout noir et bientôt nous sommes trempés par la pluie.

Cette pluie réjouit évidemment tout le monde car elle était attendue depuis des mois. on nous remercie même d'être arrivés avec la pluie.

Mais au point où on en était, elle aurait pu attendre qu’on soit rentrés au camping !

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Marketgarden 1953 20/02/2016 08:42

Belle idée de suivre la route des pionniers de l'Aéropostale.
Petit musée Saint Ex bien sympatique.

Jacques et Anne Boué 19/02/2016 20:42

merci!
on se régale!
Anne et Jacques

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