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28 Mar

Maroc - Mauritanie 2013 : de Dakhla à Nouakchott

Publié par yvesetnickie.over-blog.com  - Catégories :  #Maroc Mauritanie 2013

 

Dakhla---Nouakchott.jpg

 

 

Mardi 26 février 2013
Nous quittons Barbas vers 9h 30 en direction de Barbas, dernière étape avant la frontière marroco-mauritanienne. Toujours cette Nationale 1, le plus souvent extrêmement monotone, mais avec de temps à autre quelques très beaux paysages de dunes ou de bord de mer. Après avoir un peu roulé, nous nous arrêtons pour notre désormais habituel café au lait du matin dans une de ces stations services sorties de nulle part qui font penser à Bagdad Café. Il faut en profiter, il n'y a plus ni station, ni village, ni quoi que ce soit avant les deux stations de Barbas 160 kms plus loin.

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Nous arrivons à Barbas vers 13h et rejoignons le village de pêcheurs tout proche juste à temps pour assister à leur retour. C'est assez spectaculaire car il y a une grosse vague près du rivage et les bateaux doivent attendre, d'une part un moment favorable, d'autre part la disponibilité des pêcheurs déjà rentrés qui doivent prêter main forte pour remonter le bateau sur la plage. Il y a donc tout un ballet de bateaux qui attendent leur tour près de la plage.

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Après déjeuner nous prenons la piste pour aller voir le rivage un peu plus loin. Bien nous en prend. Tout d'abord la côte est superbe avec de belles plages, d'énormes blocs de falaise frappés de plein fouet par des vagues très puissantes et même, en retrait de la côte, deux gouffres consécutifs dans lesquels la mer s'engouffre avec fracas en passant sous des sortes de ponts creusés sous le sol.

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Un peu plus loin nous allons voir un pêcheur installé avec son lancer en haut d'une falaise. Nous engageons la discussion et il nous invite à prendre le thé chez lui. Le voilà donc installé à l'arrière sur notre roue de secours (puisque j'ai ôté le siège arrière) avec sa canne et son panier de poissons. Nous entrons dans sa petite cahute faite de toiles, de cartons et de tôles diverses qui est plutôt propre et bien rangée mais est bien imprégnée d'une forte odeur de poisson.

182-Barbas.jpg

 

Hakim, c'est son nom, s'éclipse deux minutes et revient avec une bouteille d'eau et des gateaux. Puis il prépare le thé. Comme il n'a que deux verres, il insiste pour que nous buvions avant lui.
Ensuite il nous amène au marché où il vend sa pêche de l'après-midi : cinq "sars" qui lui rapportent environ 0,65 euros. Il nous explique cette somme, soigneusement notée par l'employé de la coopérative, sera versée directement à Agadir sur un compte de sa famille. Comment fait-il pour vivre sur place (et nous inviter en plus !) ? Mystère.
Nous allons ensuite sur la plage voir les barques et ses amis pêcheurs avant de nous séparer comme de vieux amis. Pendant tout ce temps nous n'avons cessé de parler, je me demande encore comment car il ne parle pas du tout français. J'ai un peu amélioré mon arabe grâce à lui, voire mon berbère car il tient à m'apprendre quelques mots de sa langue natale (il est originaire du Souss et parle le chleuh).
Il va sans dire que nous aurions pu repartir avec du poisson mais nous avons décliné car ce soir nous avons décidé de manger et dormir à l'hotel à la station de Barbas.
C'est un excellent choix car l'établissement est superjoli, bien tenu et pour tout dire incongru dans la région. La petite particularité du jour c'est qu'il y a la télé et que ce soir c'est le "classico", Real Madrid - Barcelone en foot. Une heure avant le match le vaste hall est envahi par la moitié du village (les hommes car les femmes restent à la maison). Comme ils sont à 50/50 pour chaque équipe, il y a une ambiance pas possible, mais à la fin du match le calme revient très vite et nous passons une excellente nuit.
A noter que pour le repas,comme le cuistot est sénégalais, nous avons eu un excellent riz au poisson, le fameux "tiep bou djenn" qui nous rappelle notre jeunesse au Sénégal.

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L'anecdote du jour
Ce matin au Bagdad café, le patron s'est mis en tête de réparer son téléphone public avec pour seul outil un grand couteau à pain. Nous sommes partis avant de connaître le résultat de sa réparation mais, vu les bips pathétiques émis par la pauvre bête ....

Le saviez-vous ?
Ce matin nous avons franchi le Tropique du Capricorne, environ 30 kms au sud de Dakhla. Nous étions donc à ce moment au même niveau que Canton, La Havane et Hawaï.

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Mercredi 27 février 2013
Vers 8h30 nous reprenons la route pour parcourir les 80 kms qui nous séparent de la frontière mauritanienne. La route est à nouveau quasi déserte avec une alternance de regs désolés, de paysages martiens , de zônes dunaires et parfois le bleu éclatant de la mer.
Le poste frontière marocain est bien encombré de camions, de voitures et de la douzaine de camping cars de Mauritanie Aventure lorsque nous arrivons.

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Il faudra plus de trois heures pour sortir du joyeux bazar habituel à ce genre d'endroit, mais ça passe assez vite vu le spectacle permanent qui s'y déroule. Nous nous engageons ensuite au pas avec les camions et les camping cars sur la piste défoncée qui traverse le no man's land de 5 kms entre le Maroc et la Mauritanie. Nous y pique niquons au milieu pendant que Sidi Mohammed, le responsable local de Mauritanie Aventure s'occupe de toutes les formalités. Il est très efficace et le temps d'un petit café nous franchissons la frontière comme un lettre à la poste.
Direction Bou Lanouar, à une cinquantaine de kms sur la route de Nouakchott, où nous nous installons dans un petit campement. Après l'accueil traditionnel, jus de bissap et thé, nous partons voir le célèbre train de minerai qui passe tout près puis un troupeau de chameau qui est rassemblé près du camp.
Ce soir nous recouchons dans la tente mais sans problème de vent et avec une température agréable. Le thermomètre est monté à plus de 30° dans la journée mais, comme d'habitude, la température baisse brutalement au coucher du soleil.

L'anecdote du jour
Le passage du no man's land constitue une épreuve pour les camping cars bien mal adaptés à la piste caillouteuse et bosselée. Ils franchissent péniblement ces quelques kms et pour nous qui suivons, c'est un spectacle amusant de les voir ramper l'un derrière l'autre à deux à l'heure comme des chenilles processionnaires.

Le saviez-vous ?
Le train qui relie Zouérate à Nouhadibou sur plus de 650 kms est surnommé "3L" car il détient les records mondiaux de trois catégories :
- le plus long : jusqu'à 3,5 kms pour les plus gros convois,
- le plus lourd :plus de 20.000 tonnes de minerai de fer transporté,
- le plus lent : entre 15 à 20 heures pour faire le trajet.
Il y a évidemment, en plus de l'unique wagon voyageur, pas mal de clandestins qui voyagent sur le minerai, bien enmitouflés pour respirer un minimum de la poussière qui vole !

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Jeudi 28 février 2013

La nuit a été bonne, mais il fait encore frais et humide ce matin! Après le petit-déj, nous plions le matériel et partons pour une matinée de pistes (et hors pistes). En effet aujourd'hui notre "caravane" doit relier Nouakchott, distante de 400 kms par la route , mais les deux 4x4 du groupe ont la chance de parcourir la première moitié du trajet par les pistes. Nous voilà donc partis avec un guide, Fadel ,pour une superbe randonnée où alternent pistes caillouteuses et pistes sableuses, passages d'oued (à sec) toujours délicats et vastes étendues très roulantes. Les paysages sont à couper le souffle et nous pique-niquons dans un lieu de rêve près des dunes...

Maroc-016.jpg  Maroc-018.jpg

 

Nous retrouvons notre troupe pour la fin de la route jusqu'à l'entrée de Nouakchott où nous nous installons dans une auberge bien africaine. Notre statut de campeurs nous vaut une chambre plutôt confortable pour le lieu, les camping-caristes quant à eux camperont au bord de la route. A nous le confort pour une fois !!!

L'anecdote du jour
En sortant de Bou Lanouar, je demande à notre guide si nous avons les documents nécessaires au franchissement des barrages de police et de gendarmerie . Il se souvient alors que non, mais que ce n'est pas grave, me dit de prendre à droite toute dans le reg, et nous voilà partis pour une bonne séance de hors piste à la mauritanienne. Comme il connait chaque recoin du désert, ça ne pose aucun problème et nous ne voyons bien sûr aucun barrage ...

Le saviez-vous ?
La transsaharienne qui relie sur 470 kms Nouhadibou à Nouakchott a été inauguré en mai 2006 seulement. C'était le dernier maillon manquant à la route qui relie Tanger à Dakar. Ce tronçon se fait maintenant en 5h alors qu'avant il fallait trois jours pour couvrir la même distance vu la "qualité" de la piste.

 

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Un restaurant et une petite maison le long de la route.

 

 

Publié ce soir à notre arrivée à Nouakchott. Quant à la suite, elle dépendra de notre prochaine connexion : dans une ? deux semaines ?

En attendant soyez rassuré sur notre séjour, le vice-ministre du tourisme est venu en personne ce soir nous saluer et nous a assuré qu'il n'y avait pas de problèmes dans son pays ....

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