Carnets de voyages à l'usage de nos petits enfants, de notre famille, de nos amis et des autres voyageurs ... Les récits illustrés de nos périples en Europe, Afrique, Asie et Amérique du Sud.
Du 14 au 19 septembre 2025.
Après la visite de l’ouest de l’Arménie, nous retrouvons la Géorgie où nous n’avions passé que quelques jours en avril. Depuis, la neige qui bloquait les routes de montagne a fondu, et nous allons pouvoir monter à l’assaut du Petit et du Grand Caucase ...
La carte est interactive : vous pouvez zoomer et la déplacer à votre guise ...
Le passage de la frontière Arménie - Géorgie nous prend moins d’une heure y compris un arrêt au duty-free car nous sommes quasiment seuls sur cet axe peu fréquenté.
Côté géorgien, nous retrouvons à peu près les mêmes maisons, les mêmes fermes, les mêmes tas de paille et les mêmes bouses séchées qu’en Arménie : c’est normal, les villages de cette région sont pour la plupart entièrement peuplés d'Arméniens, les descendants de ceux qui ont fui les persécutions du régime ottoman. Je ne sais pas quelle est réellement leur nationalité mais ils se définissent eux-mêmes fièrement comme arméniens et ils constituent la majorité de la population de Djavakhétie.
Bientôt, nous attaquons la piste 14 qui mène à Vardzia.
C’est une succession de montées caillouteuses et de grands plateaux herbeux. 15 km/h, c’est notre vitesse moyenne jusqu’à un premier bivouac magnifique avec vue sur le canyon du fleuve Mtkvari (je vous laisse voir pour la prononciation !).
La piste se poursuit sur le plateau en passant par le village de Kumurdo, lui aussi peuplé d’arméniens et dont la belle église est bien ruinée ...
Une descente en lacets dans le canyon nous mène face à l’extraordinaire site troglodytique de Vardzia.
Nous commençons par rendre visite aux nonnes du couvent de Zeda Vardzia qui vivent dans un très joli cadre ...
Entre deux prières, ces braves sœurs produisent du miel, du vin et … de la vodka !
Nous reportons au lendemain la visite du site car il fait très chaud, ce qui nous permet de profiter, depuis notre point de bivouac de l'étonnant éclairage nocturne de la falaise …
La visite du complexe monastique troglodyte est très spectaculaire. Creusé dans la falaise du mont Erusheti, il a été fondé sous le règne de la reine Tamar au XIIe siècle. Il servait à la fois de lieu de culte, de refuge et de forteresse. Il s’étend aujourd’hui sur plus de 500 mètres de long, 50 mètres de hauteur, et comprend environ 600 pièces, dont des églises, chapelles, cellules, salles communes et entrepôts. L’église principale, dédiée à la Dormition de la Vierge, présente des fresques médiévales bien conservées.
Vardzia a été partiellement détruit par un tremblement de terre au XIIIe siècle, exposant les cavernes autrefois cachées. A son apogée, il comptait 3,000 pièces et abritait jusqu’à 5,000 moines !
Le monastère reste actif, habité par quelques moines …
Après la visite d’où l’on sort par un long tunnel « secret », le Sprinter nous remonte sur le plateau, au-dessus de Vardzia, pour dominer à nouveau le canyon …
Les paysages sont magnifiques et on se sent seuls au monde … jusqu’à une rencontre inattendue : un camion et des ouvriers agricoles, montés par l’autre versant, moins abrupt.
Je ne peux pas échapper à leur invitation à partager au cul du camion un peu de leur « tchatcha », l'alcool local …
Nous traversons encore de vastes steppes avant de nous arrêter pour la nuit non loin d’une petite église isolée …
La piste passe ensuite à proximité de la forteresse de Tmogvi avant de retrouver la route goudronnée …
Les vallées de la région sont parsemées de ces forteresses. Elles défendaient la route commerciale de la soie et protégeaient des invasions (mongols, ottomans …).
Celle de Khervitsi, dont la construction s’est échelonnée entre le Xème et le XIVème siècle, est particulièrement impressionnante …
Avant de rejoindre la piste 12 qui nous permettra d’atteindre le lac Paravani, nous faisons arrêt dans la petite ville d’Akhalkalaki, peuplée à 90 % d’arméniens, pour quelques courses au marché et un excellent déjeuner.
Le décor du resto est un peu kitsch mais le « chakapuli », ragoût de mouton à l'oseille et aux prunes est délicieux …
La piste 12 débute par de longues montées dans la caillasse jusqu'au pied du mont Abouli, un ancien volcan qui culmine à 3300 m, d’où nous redescendons nous poser en vue du lac pour le bivouac, au-dessus du petit village de Vladimirovka. Dans ces steppes qui évoquent l’Asie Centrale, nous n’avons croisé que quelques troupeaux menés par leurs bergers semi-nomades, à pied ou à cheval, et parfois un de leurs campements, dont les toiles bleues sont visibles de très loin ...
Après une petite incursion sur la piste 13, nous retrouvons les bords du lac à Tambovka, un village de pêcheurs qui disposent leurs filets dans le lac, non loin des rives …
Le village est plus ou moins abandonné et paraît bien triste (d’autant plus sous un ciel gris !).
De chaque côté de la rue centrale, balayée par le vent, la plupart des maisons habitées sont en mauvais état …
Malheureusement, des toutes les magnifiques maisons peintes, sculptées et aux toits recouverts de végétation qui composaient le village, il n’en reste qu’une en bon état …
Notre dernière nuit sur la piste 12 se passe sous la pluie et, au petit matin lorsque le ciel se découvre, nous apercevons la neige sur les sommets environnants. On se croirait en Islande …
On the road again : à travers les magnifiques paysages traversés par les pistes 12 et 14 ...
Le saviez-vous ? :
Même si St Georges est vénéré en Géorgie, ce n’est pas lui qui a donné son nom au pays. Il viendrait du perse « Gourjistan » qui signifie « le pays des loups ». Cette appellation est d’ailleurs toujours d’usage en Turquie comme le rappelle cette photo prise près de la frontière géorgienne en avril …
Les loups sont toujours très présents dans les montagnes de Géorgie et lors de notre bivouac près de Vardzia nous avons entendu des hurlements qui répondaient aux aboiements, bien différents, des chiens de l’autre côté de la vallée.
Etaient-ce des loups ?
Les plus beaux bivouacs :
C’est facile de bivouaquer en Géorgie ! Seuls à des kilomètres à la ronde, au milieu de paysages somptueux, on s’arrête où l’on veut (pour peu que l’on trouve un bout de terrain à peu près plat !).
Et même si on choisit de s’installer dans un village, comme nous l’avons fait le dernier soir à Tambovka, personne ne viendra nous déranger ...
Portraits : en noir et blanc comme à l’habitude, quelques gueules croisées en chemin ...
Le top :
C’est notre meilleur allié en Géorgie, celui qui nous a convaincus d’y passer plusieurs semaines : le guide des pistes Oun Travela.
Des itinéraires très précis et détaillés, une mine de renseignements sur les lieux traversés et la civilisation géorgienne, le tout très clair et bien illustré … un must !
Le flop :
Le même qu’en Arménie : la langue. L'écriture est magnifique mais mystérieuse pour nous
Heureusement beaucoup de géorgiens parlent au moins un peu l’anglais. Ce sont surtout les jeunes car les plus de ,quarante ans, eux, parlent russe. En dernier recours, Google Translate est notre ami !
L’anecdote :
Mauvaise surprise au retour du restaurant à Akhalkalaki : un pneu est complètement à plat. Par chance le propriétaire de la voiture garée à côté de nous a un gonfleur. Il regonfle mon pneu et nous guide gentiment jusqu’à un réparateur. C'est un Arménien qui vit pour partie en Géorgie, pour partie en Russie à Moscou. Il reste avec nous superviser la réparation mais sitôt celle-ci faite ... il paye le garagiste, remonte dans sa Porsche et s'en va rapidement sans presque écouter nos remerciements !
Même pas moyen de lui offrir un pot …
Le bestiaire : au milieu d’un troupeau de moutons qui devait dépasser le millier de têtes, quelques dizaines de chèvres et ces trois magnifiques boucs ...