Du 8 au 13 avril 2026.
Dès l’entrée en Bosnie-Herzégovine un contraste saisissant s’impose : d’un côté la chaleur humaine des Bosniens, souriants et accueillants, de l’autre les cicatrices encore très visibles de la guerre. Les nombreux cimetières (catholiques comme musulmans) et les impacts sur les maisons rappellent à chaque instant que l’horrible conflit des années 90 n’est pas oublié.
La carte est interactive : vous pouvez zoomer et la déplacer à votre guise ...
Franchir une frontière… et changer d’atmosphère
Quelques minutes après avoir quitté le Monténégro, un simple algéco posé au bord de la route marque l’entrée en Bosnie-Herzégovine. La douanière nous fait signe de passer sans même lever les yeux. Pas de contrôle, pas de questions.
Et pourtant, tout change.
Nous plongeons à travers une épaisse forêt vers Gorazde, par une route agrémentée de nombreux nids de poules. Nous perdons 1000 m d'altitude et gagnons une bonne dizaine de degrés.
Mais malgré la douceur estivale la ville n'est guère attrayante et porte encore en elle les stigmates de la guerre. Gorazde, au même titre que Srebrenica, fait partie de ces villes martyres marquées par les terribles assauts de l’armée serbe au début des années 90.
Ici la guerre n’est pas un souvenir lointain. Elle est encore là, visible, presque palpable.
Bivouac en altitude, réveil givré
Nous reprenons rapidement de la hauteur en direction de Sarajevo par une route toujours aussi étroite et sinueuse. Nous trouvons, non loin d’un village, un superbe bivouac en montagne.
Le matin, le thermomètre affiche -4°C !
On traîne un peu sous la couette pendant que le chauffage fait son travail !
Sarajevo : une arrivée étonnante
Encore 50 kilomètres d’une route très belle mais limitée à 40 km/h sur laquelle j’atteins à peine 30 km/h de moyenne. Puis la route s’élargit un peu mais rien ne laisse présager la proximité d’une capitale. Soudain, à la sortie d'un tunnel, la ville apparaît d’un seul coup, vivante, dense, inattendue.
Nous avons réservé un Airbnb qui est parfaitement placé près de Baščaršija, le vieux quartier ottoman que nous partons découvrir sans plus tarder.
Très vite, le charme opère.
Mosquées élégantes, ruelles pavées, ambiance paisible et temps printanier …
Saveurs bosniaques
Première immersion culinaire dans un petit restaurant populaire : cevapčići, la spécialité bosniaque, café turc épais… et baklavas, notre pêché mignon.
Économique, simple, généreux et réconfortant ...
Le soir, surprise : un petit comptoir à sushis tenu par un musicien de jazz.
Sarajevo mélange les influences avec une facilité déconcertante.
Une ville chargée d’histoire
Le lendemain, changement d’atmosphère. Nous n’avons vu qu’une des facettes de ce quartier.
Sarajevo est un carrefour culturel fascinant où se mêlent influences ottomanes, austro-hongroises et européennes.
Nous explorons cette fois les quartiers austro-hongrois, les églises catholiques, les rues piétonnes animées, les terrasses bondées.
Impossible de manquer le lieu où l’histoire contemporaine a basculé : le pont où fut assassiné François-Ferdinand d'Autriche le 28 juin 1914, événement déclencheur de la Première Guerre mondiale.
Un lieu simple… mais chargé de conséquences historiques immenses.
À midi, retour dans la vieille ville ottomane. C’est vendredi, l’heure de la grande prière.
Les chants et les sourates se répondent d’une mosquée à l’autre. Moment puissant.
Nous déjeunons de délicieux beureks pour quelques euros et profitons de la ville pour nous faire couper les cheveux …
Nous reprenons la route vers Mostar avec une halte à Konjic.
Le célèbre pont ottoman y enjambe la rivière avec élégance, mais ce n’est pas tout : la ville abrite aussi un bunker titanesque construit par Josip Broz Tito. Un projet secret estimé à 3,5 milliards de dollars, censé pouvoir l'accueillir, lui et 650 autres personnes pendant 6 mois, en cas de guerre nucléaire.
Stari Most : un lieu emblêmatique
Le vieux Mostar est à la hauteur de sa réputation. Son célèbre pont, le Stari Most, solidement bâti en 1565 a pourtant succombé (en même temps qu’une dizaine de mosquées) aux bombardements incessants des forces croates en 1993. Reconstruit à l’identique en 2003, il attire une foule dense et internationale en ce week-end de Pâque orthodoxe. Mais malgré l’affluence, le magie du lieu est incontestable.
Mais là encore, les traces de la guerre sont omniprésentes.
Pour son côté exotique je vous livre notre menu du jour aux saveurs locales : ćevapčići, Šopska salata, kadaïf et smokvara ...
Au bord de la Buna
Nous sommes maintenant tout proches de la Croatie mais la rivière Buna que nous longeons nous aimante. Nous y passons deux jours à 30 kilomètres de distance pour faire une pause en profitant de son atmosphère apaisante.
Entre le chant des cloches célébrant la Pâque orthodoxe et l’appel à la prière venu d’une mosquée voisine, la Bosnie Herzégovine nous offre une dernière image de sa diversité.
Demain, nous serons en Croatie.
Notre van life en Bosnie-Herzégovine
Pour la dernière fois dans les Balkans, nous changeons de monnaie : ici on utilise le mark bosnien qui vaut environ 0,50 euro.
De même, nous devons utiliser une SIM locale, un exercice auquel nous sommes maintenant rodés.
Si le coût de la vie est assez bas en Bosnie, même à Sarajevo, le diesel coûte 2 euros le litre ...
Nos rares mots de la vie courante utilisés au Monténégro sont toujours en usage ici mais nous ne progressons guère dans ces langues à déclinaisons aux consonances bizarres.
Du fait du récent changement d'heure, de notre déplacement vers l'ouest et de l'allongement des jours, nous avons gagné 2h depuis notre arrivée en Bulgarie. Désormais il fait jour jusqu'à 20h et c'est bien agréable.
Un autre point positif : même quand la température s’élève, à cette saison nous n’avons pas rencontré mouches et moustiques qui s’ingénient à vous pourrir la vie !
Comme partout dans la région, le ravitaillement en eau et les endroits tranquilles pour passer la nuit sous les étoiles ne manquent pas.
Enfin, une dernière chose qui nous a frappés : les gens sont souvent grands, voire très grands. Ce n'est pas pour rien que la Bosnie brille en basket-ball.
Le saviez-vous ?
La Bosnie-Herzégovine a une organisation politique assez unique, héritée des accords de paix de Dayton qui ont mis fin à la guerre des années 1990. Elle est composé de 2 entités, la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la République Serbe de Bosnie (chacune a son drapeau). Il faut y ajouter un territoire autonome, le district de Brčko.
Le pouvoir est partagé entre les trois communautés dites «peuples constitutifs» : les Bosniaques, les Croates et les Serbes et le système est conçu pour équilibrer leur représentation. La présidence, collégiale, est tournante parmi trois membres (un par communauté).
Enfin, un élément clé du système est la présence d’un acteur international, le Haut Représentant, qui dispose de pouvoirs importants pour imposer des lois ou destituer des responsables politiques si nécessaire.
Le top :
Sarajevo, sans hésiter. La ville est vibrante, touchante, inoubliable ...
Le flop :
J'ai voulu faire un vol de drone avant de partir de notre bivouac au bord de la Buna et j'ai mal évalué la hauteur des grands arbres alentour. Bien que volant à 30 mètres d'altitude j'en ai heurté un et le drone a chuté jusqu'à terre. J'ai pu le récupérer après quelques recherches mais il a subi des dommages que je ne peux pas réparer moi-même. La suite du voyage se fera sans …
L’anecdote :
Nous avons trouvé un bel endroit pour passer la nuit entre Sarajevo et Mostar. Isolés dans la montagne, près d’un lac de barrage.
Mais petite surprise le matin au réveil : l'eau monte et le Sprinter a déjà les roues arrière qui baignent. Je l'avance un peu et cours vite récupérer les deux cales qui flottent à la surface du lac …
Quelques portraits :
No comment : amusantes, étonnantes, intrigantes ... quelques images qui n’ont pas trouvé leur place ailleurs dans le blog …