Du 23 au 29 avril 2026.
Des décors de cartes postales, du vert profond et des eaux claires, un drôle de Bled, des ours qui grognent … c’est la Slovénie !
La carte est interactive : vous pouvez zoomer et la déplacer à votre guise ...
En traversant la rivière Kupa, on quitte la Croatie mais le paysage ne change guère.
Les petits vallons s’enchaînent, les prairies d’un vert éclatant s’étirent sous le soleil, bordées de grandes forêts de sapins. La nature semble avoir été organisée par un paysagiste et on se croirait en permanence sur un parcours de golf. Cependant les maisons ont évolué : plus grandes, plus cossues… Tout est propre et net, on se croirait en Suisse.
Très vite, nous rejoignons une autoroute impeccable qui nous conduit jusqu’aux portes de Ljubljana.
Après quelques hésitations, nous trouvons un bivouac dans une ancienne carrière, à seulement cinq kilomètres du centre-ville. Un premier bivouac en toute illégalité ...
Ljubljana, première immersion slovène
La journée commence parfaitement, avec une promenade à Ljubljana le long de la rivière. Le soleil est au rendez-vous, l’ambiance détendue, provinciale. La ville dévoile de très beaux bâtiments, élégants sans être ostentatoires. Austro-hongrois, vénitien, art nouveau … les styles se mélangent harmonieusement.
Au déjeuner, nous découvrons la cuisine slovène sur une place où abondent les stands de nourriture : un plat généreux à base de porc, suivi d’un gâteau traditionnel, la gibanica.
Puis dans l’après-midi, nous prenons la direction de Bled.
Bled pourri ou lieu idyllique ? ?
L’arrivée ne nous enchante pas. Il y a un bouchon énorme pour s’approcher du lac et les parkings sont hors de prix (quand toutefois ils ne sont pas interdits aux camping-cars !). Bled est probablement magnifique, mais à coup sûr très touristique.
Nous finissons par trouver une petite place près du château et après une balade en forêt nous apercevons le lac à travers une trouée, entre deux arbres. C’est beau, indéniablement, il faudra voir ça de plus près demain.
Peut-être avons-nous pris de mauvaises habitudes en d’autres lieux, mais difficile d’accepter de payer 25 € pour passer la nuit sur un parking goudronné coincé entre un immeuble et un garage à bus. C’est pourtant ce que nous finissons par faire, à seulement un kilomètre du lac.
Le lendemain matin, le décor change complètement. Sous le soleil, Bled révèle toute sa magie. Les montagnes couvertes de forêts servent d’écrin au lac, l’église sur son île semble flotter, et le château domine l’ensemble avec élégance.
Cette fois, tout est parfait ...
Pause au bord de la Soča
Le lendemain c’est journée off. Le Sprinter fait une pause et nous aussi . Nous décidons de rester une nuit de plus dans notre camping bien sympathique à Tolmin. Une petite promenade le long de la rivière jusqu’au village, puis le reste du temps s’étire doucement entre lecture, sieste à l’ombre (le thermomètre enregistre 46°C au soleil …) et apéritif.
Parfois, ne rien faire est une destination en soi.
Gorges, routes sinueuses et vertes prairies
Nous ne pouvons pas quitter Tolmin sans aller visiter les gorges qui font sa réputation. Une petite randonnée ponctuée de quelques 500 marches, dans un décor sauvage et minéral.
Après un déjeuner rapide, direction Postojna, en évitant l’autoroute. La route longe la rivière, sinueuse mais superbe. Les champs fraîchement fauchés ressemblent à des fairways de golf parfaitement dessinés.
C’est un jour férié en Slovénie. Les routes sont animées : cyclistes en nombre (peut-être inspirés par Pogačar), familles installées au bord de l’eau, ambiance estivale et joyeuse.
En fin de journée, dans un écrin de verdure exceptionnel, nous tentons un bivouac. Le lieu est magnifique… mais l’amende potentielle de 500 € reste dans un coin de la tête.
Bonne nuit les petits !
Nous ne serons pas finalement dérangés par la police.
Par contre soudain, à la tombée de la nuit, des cris rauques et puissants parviennent de la forêt toute proche.
Qu'est-ce que ça peut bien être, je n'ai jamais entendu ça ?
Très vite je me souviens que nous sommes en Slovénie et vais vérifier sur Internet : nous sommes précisément dans la zone de concentration des ours qui sont très nombreux dans cette région.
Les indices étaient là : poubelles munies de gros verrous, tours d’observation croisées dans la journée… Nous sommes au cœur de leur territoire.
Informations rassurantes : d'abord l’ours slovène est petit, mais surtout il est enclin à éviter les hommes !
De Predjama à la mer
Nous passons par le château de Predjama, impressionnant car littéralement accroché à la roche au-dessus du vide.
Mais nous faisons l’impasse sur la visite de l’intérieur : 43 € l’entrée pour nous deux, et déjà tant de châteaux et de forteresses derrière nous.
Nous poursuivons vers Piran, située sur la seule ouverture maritime de la Slovénie. À vol d’oiseau, la Croatie est à 5 km, l’Italie à 15. Encore une fois l’accès n’est pas simple : circulation interdite aux camping-cars, parkings hors de prix (jusqu’à 64 € les 24 heures à 10 kms du centre !).
Finalement, une solution alternative se présente : un petit espace de stationnement en retrait d'une route, à proximité d’un arrêt de bus. Nuit boules Quiès !
Piran, un air de Venise
Un bus nous mène sur le port de Piran. Une véritable ville vénitienne avec quelques jolies places, des rues étroites bordées de grandes maisons et la mer omniprésente puisque la cité est édifiée sur une langue de terre. La cité est authentique avec beaucoup de maisons « dans leur jus » et il fait bon y flâner la tête en l'air.
Comme une anticipation de la suite de notre voyage, l'italien est pratiqué officiellement ici, au même titre que le slovène.
Cap sur l’Italie
Dans l’après-midi, nous franchissons la frontière et retrouvons l’Italie.
Direction Trieste, où nous nous installons face à la marina de Barcola.
Une nouvelle étape à venir …
Notre van life en Slovénie :
A la frontière de Slovénie quelques guichets subsistent de la période "avant Schengen" mais il n'y a aucune formalités à faire. Pas de carte SIM à acheter, pas d'argent à convertir nous restons maintenant à l'euro.
Par contre nous avons acheté sur Internet une vignette à 20 €, indispensable pour circuler librement pendant une semaine : avec elle, on peut emprunter gratuitement toutes les routes et autoroutes du pays.
Nous retrouvons avec plaisir des marchés de plein air pour le ravitaillement en fruits et légumes. Je crois que nous n’en avions pratiquement pas vu depuis la Turquie et ça change des achats dans les « Market ». Globalement les prix paraissent moins élevés qu'en Croatie.
Le top :
Sur les conseils avisés de Jean-François et Nicole, des « amis Polarsteps », nous sommes allés à Bohinjska Bistrica pour une expérience inattendue.
L'autovlak, l'auto-train, est un train pas comme les autres dans les Alpes juliennes. La route pour passer le col entre Bohinska Bistrica et Podbrdo étant trop enneigée l'hiver, des navettes ferroviaires ont été créées depuis 1999.
Je monte le Sprinter sur un wagon, je reste au volant, le train démarre, c'est parti pour 45 minutes d'un étrange voyage ...
Très vite on s’enfonce dans un long tunnel. Noir complet, secousses, bruit métallique… puis soudain, la lumière et des paysages magnifiques qui défilent.
Sensation étrange : le véhicule reste immobile, et pourtant le paysage défile.
Une expérience insolite et mémorable pour 23 €.
Le flop :
Bienvenue dans les pays civilisés où il faut payer pour rouler, pour stationner, pour visiter …
Tout est tarifé en Slovénie. Finalement c’est comme en France, mais on en avait perdu l’habitude au cours de ce voyage où généralement nous avons bénéficié d’une grande liberté.
Vous l’avez vu, nous avons fait quelques bivouacs en camping sauvage, mais jamais tout à fait tranquilles. C’est vrai que l’amende de 500 euros qui sanctionne cette infraction à la loi est assez dissuasive !
Le saviez-vous ?
La Slovénie est l’un des pays d’Europe où la population d’ours bruns est la plus importante. On estime qu’environ un millier d’ours vivent dans les vastes forêts du sud du pays.
L’ours brun y trouve un territoire idéal : des montagnes boisées, peu peuplées et riches en nourriture. Très discret, il évite généralement les humains et les rencontres restent rares. En Slovénie, cet animal est à la fois protégé et surveillé afin de préserver l’équilibre entre la nature et les activités humaines. L’ours occupe une place particulière dans la culture slovène et symbolise la puissance sauvage des Balkans.
L’anecdote :
Alors que nous sommes dans le nord-ouest de la Slovénie, je demande un itinéraire à Maps.
Le plus rapide passe … par l’Autriche et l’Italie !
Même s’il n’y a plus de postes frontières à franchir, nous avons préféré prendre les petites routes locales.
No comment : amusantes, étonnantes, intrigantes ... quelques images qui n’ont pas trouvé leur place ailleurs dans le blog …