Du 1er au 8 avril 2026.
On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en entrant au Monténégro.
Quelques images en tête, une météo capricieuse annoncée… et un itinéraire tracé à la va-vite.
En quelques jours, ce pays minuscule nous a montré des plages méditerranéennes, des fjords dignes de la Norvège, des routes vertigineuses… et des montagnes encore figées dans l’hiver.
Certes, Monténégro signifie littéralement « Montagne noire », et on trouve ce nom bien mérité quand on traverse ses immenses forêts de sapin et de bouleaux.
Mais pour nous il restera surtout une palette de trois couleurs : gris comme nos premiers jours sous un ciel maussade, bleu comme l'intensité de la mer et des lacs, blanc comme les plateaux et sommets encore enneigés en plein mois d’avril.
La carte est interactive : vous pouvez zoomer et la déplacer à votre guise ...
Nos étapes marquantes
Ulcinj et la côte sauvage
Depuis quelques jours nous avons un temps maussade mais au moins le ciel a le bon goût de déverser ses gouttes d'eau la nuit.
Nous pouvons monter pour une bonne balade à la forteresse d'Ulcinj dont les ruelles escarpées dégringolent ensuite vers la mer. Les Vénitiens ont construit ce remarquable ensemble sur une base déjà existante, puis bien sûr les Ottomans ont apporté leur touche.
Nous entamons la visite au moment de l'appel à la prière avant de découvrir quelques instants plus tard une très belle église orthodoxe aux riches décorations intérieures. Et le cimetière qui domine la mer pourrait concurrencer celui de Brassens ...
Deuxième arrêt, en mode «urbex» à Valdanos : dans un cadre pourtant somptueux, les restes d'un camp de vacances de l'époque yougoslave totalement abandonné !
Et pour terminer la journée, au bout d'une longue piste, un bivouac parmi les asphodèles au-dessus de la mer. Nous y sommes accueillis par une ânesse très sympathique et quelques chèvres ...
Stari Bar et la presqu’île de Luštica
Nouvelle forteresse ce matin à Stari Grad, la ville ancienne de Bar. Bien que touristiques, les rues menant à la citadelle sont charmantes. Celle ci offre un joli cadre rupestre sur fond de montagne avec beaucoup de monuments de tous styles, dont un aqueduc construit par les Ottomans. Un lieu de balade idéal sous le soleil revenu.
Du coup nous zappons Budva car sa principale attraction est ... une forteresse !
Nous remontons jusqu'à la presqu'île de Lustica avec de beaux arrêts, auprès d'un petit monastère sur la côte d’abord, à Stévi Stefan, pour une photo incontournable, ensuite.
Les bouches de Kotor : un fjord en Méditerranée
Après les rudes montagnes, la baie s’ouvre comme un miroir, calme et paisible.
Les bouches de Kotor serpentent entre les reliefs, comme un fjord, mais méditerranéen.
On se croirait parfois en Italie, jusqu’à ce que les montagnes viennent refermer le décor et rappeler où l’on est.
Une route magnifique nous mène jusqu'à Kotor que nous avons prévu de visiter. Nous avons juste oublié que nous sommes samedi de Pâques : la foule est compacte et les parkings bondés !
Direction Perast, quelques kilomètres plus loin, où nous trouvons un lieu beaucoup plus serein et néanmoins magnifique. Les vieilles pierres, les remparts, les églises catholiques … tout rappelle l’influence vénitienne.
Du bleu de la mer au bleu des lacs.
Cap vers l’intérieur des terres. Nous bénéficions toujours d'un magnifique ciel bleu pour prendre la direction de Niksic. Les paysages changent : lacs, collines, forêts, l’ambiance est plus sauvage. La route est excellente et offre de beaux panoramas, en particulier lorsqu'on arrive sur les lacs qui entourent la ville. La neige est partout autour de nous sur les sommets, l’air devient plus froid, nous approchons du Durmitor ...
La route se poursuit toujours aussi belle jusqu'à Pluzine. Tout près de son église rutilante, nous faisons un petit arrêt confort dans un camping au bord du lac de Piva.
Quelques images de ce bleu monténégrin ...
Le Durmitor : massif, brut, enneigé.
A Sadljak, nous atteignons enfin le Parc national du Durmitor. A 1.400 m la neige est très présente et chaussures de montagne comme anoraks ne sont pas de trop. Une jolie marche dans la forêt nous mène au Crno Jezero, le Lac Noir. Devant l’imposant mont Bobotov ( 2528 m), le lac gelé est plus blanc que noir mais néanmoins superbe.
Les gorges de la Tara sont parait-il les plus profondes du monde (jusqu’à 1,300 mètres) après le Grand Canyon américain mais nous n’avons pas trouvé d’accès à des endroits spectaculaires. Peu importe, une fois franchi le pont qui les enjambe, nous pouvons contempler de sublimes paysages alpins ...
Et après ? Direction la Bosnie-Herzégovine.
Une petite route de montagne qui se dégrade progressivement longe la Serbie et nous mène jusqu'à un poste frontière . Il est niché dans la forêt, à 1.400 mètres, et entouré de neige. Les formalités se font en deux minutes avec juste un policier.
Nous voilà en Bosnie Herzégovine presque sans nous en être rendu compte !
Notre vanlife au Monténégro :
L’entrée au Monténégro s’est déroulée très facilement : passage de frontière très rapide, cartes SIM Free opérationnelles et pas de change puisque ce pays à la particularité d’utiliser l’euro sans être membre de la zone euro !
Le diesel qualité supérieure est à 1,79 € le litre. Ce n'est pas la joie, mais c'est mieux que l'Albanie à 2,40 et la France à plus de 2 € !
La météo ? Nous commençons notre séjour au Monténégro par un temps maussade. Pire, la météo prévoit entre 1° le jour et - 4° la nuit, avec de grosses chutes de neige, sur le Massif de Durmitor. Heureusement le temps change vite. Quand nous y arrivons le soleil brille et les températures sont bien remontées. Nous avons quand même -4° une nuit de bivouac en montagne.
Comme toujours ces dernières semaines, le moindre village a son petit « market » et le ravitaillement est aisé. La nourriture est variée, mix de produits orientaux et slaves, et on trouve toujours à satisfaire notre envie immodérée de baklavas !
Malgré son niveau de vie assez élevé, le Monténégro ne fait guère mieux au niveau propreté que ses voisins. Malheureusement, nous sommes maintenant habitués à trouver des déchets sur les parkings, les plages, les lieux de pique-nique …
Ici aussi, le camping sauvage est très toléré et nous trouvons facilement de beaux bivouacs chaque jour ...
Il est vrai que le fait de rouler en 4x4 nous facilite la vie : nous n’avons pas peur de nous engager sur des chemins et, quand ici ou là le terrain est difficile, nous nous en sortons seuls.
Le top :
L’imprévu, inhérent à tout voyage au long cours, en fait parfois le charme.
Nous avons un peu galéré pour atteindre le Durmitor mais à coup sûr cette aventure restera dans nos mémoires. Notre parcours, concocté avec l’aide de l’ami Chat GPT, doit nous amener dans le Dormitur avant de gagner la Bosnie par le nord. Il s’annonce magnifique et il l’est : depuis le lac de Piva, une route extraordinaire monte dans un massif transpercé par une série de tunnels très rustiques, non éclairés et creusés parfois en épingles à cheveux. Arrivés sur un plateau à 1,500 mètres d’altitude, la neige, éblouissante, nous attend. Tout va parfaitement jusqu’au moment où nous nous arrêtons près d’une maison où une femme vend du miel et de la rakija, l’alcool local. Nos achats faits, elle nous fait comprendre que quelques kilomètres plus loin la route, sous un mètre de neige, est coupée. Demi tour obligatoire et retour dans les tunnels.
Notre plan tombe à l’eau mais le voyage continue. Alors que nous sommes à environ une quarantaine de kilomètres de notre but, il nous faut revenir sur nos pas et parcourir 160 kilomètres pour l’atteindre, sans certitude d’arriver et sans savoir si nous pourrons poursuivre vers la Bosnie.
Autre péripétie, arrivés au spectaculaire pont sur la Tara, il y a des travaux. Je laisse passer un véhicule venant de ma droite et m'engage à sa suite sur le pont quand un des ouvriers chinois qui gèrent le chantier pose une barrière devant moi.
Je l'interpelle, proteste, descends du fourgon ... rien à faire !
C'est l'heure de fermeture et le chinois est discipliné : il faut attendre le prochain créneau dans 2h 30.
Heureusement nous ne sommes pas pressés et c'est l'occasion d'une petite sieste dans les environs. Mais j'avoue que pendant quelques minutes j'ai ... ri jaune !
Cependant, la bonne nouvelle c'est que la route vers la Bosnie est ouverte : nous n'aurons pas à revenir de nouveau en arrière !
Un aperçu de ces quelques jours, en deux minutes de vidéo ...
Le flop :
Non éclairés, sans aucun repères visuels, parfois creusés en virages serrés, les tunnels monténégrins sont redoutables. On y passe du plein soleil à l’aveuglement total. C’est franchement sport et à chaque entrée on prie pour qu’un véhicule n’arrive pas en face ...
L’anecdote :
Nous n’avions pas dû renoncer à un bivouac depuis que l’armée géorgienne nous avait délogés près de la frontière de l’Azerbaïdjan. Mais alors que nous nous sommes fort bien installés sur une petite plate-forme dominant Lustica Bay, à 20h30 un vigile vient gâcher notre dessert, une dégustation de baklavas. Il nous menace de la police, il faut déménager !
Nous sommes pourtant à 3 kilomètres de ce lotissement de luxe qui semble très protégé.
Plan B : nous trouvons refuge sur un petit parking près d'une plage un peu plus bas.
Le saviez-vous ?
Petit par la taille (à peine la moitié de la Bretagne), coincé entre mer Adriatique et montagnes abruptes, le Monténégro est un pays très jeune : après la période socialiste au sein de la Yougoslavie, le Monténégro est resté uni à la Serbie jusqu’à un référendum décisif en 2006.
Tout comme l’Albanie, le Monténégro est un carrefour culturel. Églises orthodoxes, mosquées, influences vénitiennes et ottomanes… tout se mélange.
On entend du serbe, du croate, du bosnien (souvent un mélange des trois) et deux alphabets cohabitent : latin et cyrillique.
Une différence notable cependant avec son voisin : d’emblée le niveau de vie semble plus élevé. Une impression confirmée par les chiffres : son PIB par habitant est plus de deux fois celui de l'Albanie et son IDH est considéré comme « très élevé »
No comment : amusantes, étonnantes, intrigantes ... quelques images qui n’ont pas trouvé leur place ailleurs dans le blog …