Du 13 au 23 avril 2026.
De la Croatie nous retiendrons un mélange saisissant entre les tons turquoise de la mer Adriatique, les villages historiques et les paysages verdoyants de l’arrière-pays. Il a fallu faire des choix tant les lieux à visiter sont nombreux mais nous ne regrettons pas ceux que nous avons faits ...
La carte est interactive : vous pouvez zoomer et la déplacer à votre guise ...
La péninsule de Pelješac : première immersion en Dalmatie
Après avoir dépensé nos derniers marks bosniens nous avançons jusqu'à un petit poste frontière pour rejoindre la péninsule de Pelješac. Mauvaise surprise : cette frontière est réservée aux frontaliers !
Par chance il y en a une autre à proximité et cette fois nous passons sans problèmes malgré un douanier un peu suspicieux sur le tabac et l'alcool (nous entrons dans l'Union européenne).
Comme nous n'avons pas très envie de rouler ces temps-ci, nous nous posons au-dessus du port de Zuljana dans un petit camping. Celui-ci n’étant pas tout à fait opérationnel (les douches ne fonctionnent pas), le propriétaire nous accueille gratuitement.
Pas de touristes, un petit port presque désert, un petit village endormi d’une vingtaine d’habitants permanents et un cadre superbe …
Un peu plus loin, Orebic propose une agréable balade entre jolies maisons de pierre et bord de mer …
Korčula : une île paisible et parfumée
Depuis Orebić, un ferry nous emmène en vingt minutes sur l’île de Korčula.
Nous nous posons à Lumbarda, un village paisible connu pour son vin blanc unique, le Grk (non, je n’ai pas oublié de voyelles !). Nous ne manquons pas d’aller le goûter chez un petit producteur. Rouge (Plavac) et blanc (Grk) sont délicieux et nous repartons avec quelques bouteilles dans la soute.
L’île est un jardin à ciel ouvert : jasmin, hélichryse, fleurs sauvages… Les odeurs flottent dans l’air, portées par la brise marine.
Quant à la vieille ville de Korčula c’est un bijou : derrière les hauts murs, les ruelles, pensées pour casser le vent, forment un labyrinthe minéral où chaque détour ouvre sur un balcon ouvragé ou un morceau d’azur. L’architecture vénitienne y est à l’honneur et on peut même voir une (supposée) maison natale de Marco Polo ...
Split : un palais dans une ville, une ville dans un palais
Après avoir franchi le Peljeski most, le pont qui relie le nord et le sud de la Croatie séparés par 24 kilomètres de littoral bosnien, nous gagnons Split par la route qui serpente entre mer et montagne. Les marinas se succèdent avec leurs luxueux yachts ...
Nous avons la chance de trouver un parking à moins d'un kilomètre du centre historique : une petite Fiat 500 libère une place où je rentre au chausse-pied !
L'immense palais de Doclétien, construit au 3e siècle après J.-C. , s’étend sur 3600 mètres carrés cernés d’une muraille. Il a été réinvesti au cours des siècles par les Byzantins, les Vénitiens, les Autrichiens, les Français ... qui à tour de rôle ont recyclé les matériaux du palais détruit. Le résultat est magique et on pourrait photographier chaque maison, chaque palais, chaque coin de rue …
Le plus étonnant est que le site n’est pas figé et dédié au tourisme : c’est un grand quartier vivant, avec ses commerces, ses bistrots, ses marchés, ses maisons occupées comme en témoigne le linge séchant à certaines fenêtres …
Bien sûr nous ne sommes pas seuls mais c'est tellement beau !
Trogir et Primošten : deux pépites de la côte dalmate
À quelques kilomètres de Split, Trogir nous enchante. Cette vieille ville insulaire est reliée par deux ponts, au continent d’un côté, à la grande île de Ciovo de l’autre. C’est un peu l’île Saint-Louis à Paris, mais avec une toute autre atmosphère : bleu de la mer, yachts magnifiques, ruelles pavées et bâtiments datant pour la plupart de l'époque vénitienne. Un régal !
Plus loin, Primošten, à l’architecture moins spectaculaire, offre une atmosphère encore plus paisible. C’est une ancienne île reliée autrefois au continent par un pont-levis.
Une plage. Quelques baigneurs. Un bateau qui rentre au mouillage ...
Pour terminer en beauté la journée, nous bivouaquons dans la montagne avec un magnifique panorama sur la mer depuis des champs d'oliviers.
L’arrière-pays croate : une autre réalité
En quittant la côte pour remonter vers le nord, la route s’élève jusqu'à 800 m au milieu de garrigues puis de forêts et le décor change radicalement.
La Croatie rurale dévoile des paysages moins méditerranéens, plus alpestres, avec des villages parfois semi désertés et des traces encore visibles de la guerre. Dans cette région, la guerre a fait fuir selon les périodes les Croates, les Bosniaques ou les Serbes. On peut voir des maisons détruites et beaucoup d'autres abandonnées.
C’est une partie moins touristique, mais plus authentique, qui mérite quelques arrêts.
Au camp romain de Burnum nous pouvons pique-niquer devant l’amphithéâtre (très détruit).
Nous nous arrêtons pour une nuit dans la ferme de Liliana qui fait de l’accueil de voyageurs et c’est l’occasion de découvrir un petit village charmant …
Puis, tout à fait par hasard, nous découvrons dans le village de Ribnik une étonnante forteresse abandonnée. Aucune idée de son origine, nous ne trouvons pas de renseignements sur Internet ...
Voilà quelques rencontres que nous n’aurions pas faites en passant par l’autoroute ...
Parc national de Krka : l’eau, partout
Mais notre plus bel arrêt est celui de Skradin, entrée du parc national de Krka. Ce gros village est déjà sympa en lui-même …
Mais le meilleur est à venir !
Un bateau nous emmène au fil de la Krka, puis les sentiers et les passerelles prennent le relais pour une superbe petite randonnée. L’eau est partout : elle tombe, ruisselle, contourne, éclabousse …
Dix-sept cascades franchissent des barrières de travertin, une formation naturelle de calcaire.
La végétation est exubérante, les grenouilles coassent et les oiseaux chantent à tue tête pour tenter de couvrir le bruit de l'eau qui court de toutes parts.
Un vrai petit paradis ...
Un dernier bivouac dans un pré. Deux canards et un renard nous tiennent lieu de compagnie et au petit matin le thermomètre flirte encore avec les 0° !
La frontière de la Slovénie n’est plus qu’à quelques kilomètres ...
Notre vanlife en Croatie :
En entrant en Croatie nous retrouvons la zone euro et l’usage de notre SIM Free, ce qui simplifie les choses.
Contrairement aux autres pays des Balkans que nous venons de traverser, la Croatie n’est pas la destination la plus simple pour le bivouac. Le camping sauvage y est officiellement interdit et des panneaux le rappellent régulièrement.
Dans les faits, hors saison et en restant discret — notamment en s’éloignant du littoral — il est possible de bivouaquer ponctuellement sans problème. Nous avons réussi à alterner entre bivouacs et petits campings. Il faut le reconnaître, la recherche du spot parfait est le jeu favori du genre de voyageurs que nous sommes, et une part de notre plaisir quotidien !
Le top :
Il y a une semaine à peine, nous étions dans la neige, emmitouflés dans nos anoraks. Presque sans transition, la Croatie nous offre le printemps.
Sur la côte dalmate, l’air est doux, et les températures ne descendent presque jamais sous les 10°. Les tongs ressortent du placard, les cafés se prolongent au soleil, face à la mer.
Le printemps est bien avancé et les amandiers comme les figuiers portent déjà des fruits. Vignes, orangers et oliviers sont cultivés sur de belles terrasses soutenues par de solides murs de pierre. Partout des fleurs et un parfum méditerranéen qui donne immédiatement envie de ralentir.
Pourtant, dès que l’on rentre à l’intérieur du pays, le climat continental apporte des nuits fraîches où le thermomètre peut tutoyer 0°.
Le flop :
Nous sommes revenus dans l'Union Européenne et cela se sent : niveau de vie plus élevé, routes mieux entretenues, propreté retrouvée ...
Par contre, nous avons pris de mauvaises habitudes dans les pays précédents au niveau des dépenses : ici les prix sont multipliés par deux sur la côte, même à cette saison. Le poisson, dont nous pensions nous régaler est horriblement cher dans les restaurants. Bien sûr il faut payer pour les visites, pour les parkings, pour les toilettes …
Quant au diesel il coûte entre 1,85 et 2,10 € le litre selon la qualité, mais ça c’est un peu partout en ce moment !
Le saviez-vous ?
La Croatie, qui ne compte que 4 millions d’habitants, est pourtant une « superpuissance sportive » !
Finaliste de la coupe du monde de football en 2018, 3ème en 1998 et 2022, aucun pays de cette taille n’a sa régularité. Mais elle brille aussi en handball, en basket, au tennis, en ski et de façon générale aux Jeux Olympiques …
Elle a bénéficié au départ des infrastructure de la Yougoslavie, les a maintenues, et y a ajouté depuis l’indépendance une dimension propre qui créé une motivation très forte chez les athlètes. Les champions sont très valorisés car la Croatie a une véritable culture de la gagne et le sport y est une affaire nationale.
L’anecdote :
Pour notre déjeuner à Split, nous avons préféré accompagner nos ćevapčići d'un blanc croate plutôt que de la boisson locale la plus réputée en Croatie.
Pourtant, fabriqué sur place, le Pipi est une sorte d’Orangina très populaire dans tout le pays !
No comment : amusantes, étonnantes, intrigantes ... quelques images qui n’ont pas trouvé leur place ailleurs dans le blog …