Du 18 au 26 mars 2026.
L’Albanie est le 10ème pays sur la route de notre voyage !
Nouvelle langue, nouvelle monnaie, nouvelle culture … nous avons tout à découvrir de ce pays longtemps complètement isolé qui est en train de s’ouvrir à la démocratie … et au tourisme.
La carte est interactive : vous pouvez zoomer et la déplacer à votre guise ...
Notre entrée en Albanie a la douceur des choses simples : dix minutes à peine, quelques sourires échangés avec les douaniers, et déjà l’impression d’être les bienvenus.
Moins d’une heure plus tard, nous sommes posés à Pogradec, qui donne son nom à la version albanaise du Lac d’Ohrid. Un café chaud entre les mains, une carte SIM locale, quelques lekë en poche (1 € ≈ 96 lekë)… tout est en place.
Il ne manque que le soleil. Le ciel est bas, l’air froid. Nous poussons jusqu’à Korçë, une quarantaine de kilomètres plus loin. La Villa Mano nous offre dans sa cour le luxe d’une bonne douche et d’une machine à laver. La ville, elle, nous paraît décevante : le vieux bazar a perdu son âme en s’ouvrant au tourisme, et l’ancien “Petit Paris” porte encore les cicatrices du communisme. Dans la fraîcheur et la grisaille, notre visite sera brève.
Deux beaux sites avec des compagnons de route :
Direction ensuite les thermes de Përmet. Sur la carte, 135 km. Dans la réalité, cinq heures de route. Virage après virage, la montagne impose un rythme lent. D’autant que nous finissons sur piste, bien sûr. Une erreur de navigation — merci Osmand — nous envoie pendant 45 minutes sur une trace infernale.
Mais la récompense est au bout. Un bivouac en montagne, une température douce malgré un léger crachin, et surtout, nous rejoignons Sarah, Germain et leurs enfants. Ils sont eux aussi en Sprinter, en route pour huit mois vers la Géorgie.
Le soir, autour d’un feu de camp, les histoires de voyage se mêlent à la fumée.
Le lendemain matin, à quelques pas d'un vieux pont ottoman, nous nous glissons dans l’eau chaude, à peine soufrée, des thermes de Përmet Bënjë.
Alors que le soleil brille à nouveau, nous partageons les bassins avec de nombreux albanais car c’est l’Aïd el-Fitr, jour férié célébrant la fin du ramadan.
Nous reprenons la route ensemble, jusqu’à un nouveau bivouac dans la montagne près de l’Œil Bleu.
Le lieu est saisissant : une source jaillit des profondeurs, à 50 mètres sous nos pieds, remplissant un bassin d’un bleu irréel. Un œil ouvert au cœur de la montagne ...
Puis vient le moment de se séparer. Eux vont vers la Grèce, toute proche. Nous vers la mer.
Changement de décor : la Riviera Albanaise !
En quelques kilomètres, le paysage se transforme. Les oliviers apparaissent, les agrumes aussi.
L’air devient plus doux. Et comme souvent ici, la route offre de splendides paysages.
Dans cette région, les frontières sont proches, presque floues. Les influences se mêlent : Albanais en Macédoine du Nord, Grecs en Albanie… Ici, les identités circulent comme les routes de montagne, sinueuses mais vivantes.
Une piste coupée. Des habitants nous ouvrent leur jardin pour manœuvrer et leur fils nous guide en mobylette jusqu’au bon chemin. Plus loin, au bord du lac de Butrint, trois pêcheurs nous offrent des oranges, simplement, sans raison.
L’endroit est si paisible que nous décidons de rester une journée entière sans rouler - une première à l’exception des deux jours passés à Skopje. Le matin, un troupeau de moutons nous rend visite. Puis un pêcheur de palourdes s’active sur la berge. A 300 mètres, nous dénichons les vestiges d’une petite cité romaine. Le soir, des chèvres guidées par leur bergère à cheval nous offrent un concert de clochettes. Le temps s’étire, paisiblement.
À quelques kilomètres, après le passage d’un petit bac, le site de Butrint nous fait voyager dans le temps : des siècles d’histoire entremêlés dans une nature presque intacte. Des Grecs aux Vénitiens en passant par les Romains et les Byzantins, chacun a laissé son empreinte dans ces lieux, sans détruire le patrimoine des précédents. La balade, dans un cadre verdoyant, est magnifique ...
Par toutes petites étapes, nous remontons la Riviera albanaise.
A Saranda, grande station balnéaire, les immeubles grimpent à flanc de colline, mais la lumière reste magnifique et la promenade sur le front de mer est bien agréable. Pour la première fois cette année, nous sommes en t-shirt.
La journée se termine sur une route sinueuse, suspendue entre mer et montagne, avec des points de vue qui obligent à s’arrêter. Et au fil d’une piste un bivouac comme on les aime, perché au-dessus de la mer, dans les parfums de sauge, plante omniprésente dans la région. Avec l’Île de Corfou en toile de fond ...
Le lendemain nous descendons à pied jusqu’à la mer découvrir un des nombreux bunkers albanais, d’un type particulier celui-là. Il servait manifestement à cacher et protéger de petits navires ...
Le site est magnifique et pas dénaturé par le béton qui s’étend pourtant inexorablement sur la côte, au prix de travaux parfois gigantesques …
Heureusement des pistes mènent encore à quelques criques désertes en cette saison … ou presque puisqu'il faut parfois les partager avec un troupeau de moutons ...
On revoit tout ça en images ?
Notre vanlife en Albanie :
La vie est facile pour nous en Albanie. Les gens sont gentils et serviables et on trouve partout de petits « markets » offrant une grande variété de produits (lait concentré de Chine, pasta italienne, feuilles de vignes grecques, confiture turque …). Les prix sont un peu plus élevés sur la côte mais restent inférieurs à ceux de la France : nous avons mangé au restaurant pour un prix allant de 11 à 35 euros à deux.
Une exception qui pique un peu : le diesel, déjà cher avant la guerre au Moyen Orient, s’affiche maintenant à 219 lekë à la pompe (soit 2,34 € le litre). Nous avons fait un gros plein pour la modique somme de 190 €. Un record pour le Sprinter !
Apparemment, cela n’empêche pas les albanais de rouler, de façon parfois un peu surprenante (mais quand on a conduit en Géorgie, on est prêt à tout) … Les routes sont généralement étroites et sinueuses mais le plus pénible c’est en ville car tout le monde se gare en double file ou n’importe comment, ce qui ralentit considérablement la circulation.
Beaucoup plus positif : nous trouvons sans difficulté à nous ravitailler en eau à des fontaines et à passer la nuit sur des spots de bivouacs magnifiques …
Le top :
Après avoir parcouru les montagnes, nous avons adoré retrouver la mer. La Mer Noire était loin derrière nous et cette fois c’est la Mer Ionnienne qui nous a offert ses incroyables nuances de bleu. Face à Ksamil nous apercevons Corfou, derrière trois petites îles. Un an plus tôt, nous empruntions ce même détroit en ferry. Aujourd’hui, nous le regardons sous un autre angle. Au matin, sur la plage, l’eau va du bleu nuit au vert émeraude, contrastant avec un sable étonnamment clair.
Un parfum d’été flotte dans l’air ...
Le flop :
Branches basses : 3 – Sprinter : 0.
J’ai perdu ces derniers jours sur les étroites pistes de montagne une barre de leds (retrouvée miraculeusement le lendemain et redescendant de notre bivouac) et le chapeau de la cheminée d’évacuation de notre chauffage. A Korçë je démonte le support des leds et remplace le chapeau de cheminée car la pluie menace. J’avais bien pris soin d’en avoir un de rechange car ce n’est pas le premier que je laisse dans des branches.
L’après-midi même, sur l’horrible piste menant à notre bivouac, le chapeau s’envole à nouveau !
Cette fois il faut improviser : une canette retournée, percée de quelques trous, un peu d’adhésif et le tour est joué. Pas académique, mais parfaitement efficace.
L’histoire se termine de façon très positive : je sais que je peux désormais m’éviter une commande de 20 € chez Amazon tout en m’offrant le plaisir d’une petite cannette !
Plaisir renouvelé deux jours plus tard, la faute à un fil électrique qui pendouillait dans un village. Il va falloir quand même se calmer ...
Le saviez-vous ?
L’histoire de Albanie commence avec les Illyriens, mais, comme tous ses voisins, elle passe sous domination de l’Empire romain puis de l’Empire byzantin. Au XVe siècle, malgré la résistance de Skanderbeg, les Ottomans s’y installent pour près de 400 ans.
Indépendante en 1912, l’Albanie passe en 1939 sous la domination de l’Italie fasciste puis de l’Allemagne nazie. Mais le pire est à venir : en 1945 une terrible dictature communiste sous Enver Hoxha l’isole complètement sous une chape de plomb.
Trace indélébile de cette période, les 700.000 bunkers disséminés un peu partout dans le pays.
Selon la logique absurde du dictateur paranoïaque, chaque Albanais devait défendre son pays, en cas d'attaque, dans son propre bunker. Aujourd'hui, ils sont une nuisance pour les agriculteurs, mais ils sont quasiment indestructibles et leur démolition coûterait une fortune.
Depuis 1991, l’Albanie s’ouvre progressivement et se rapproche de l’Union européenne.
L’anecdote :
On voit beaucoup de belles voitures en Albanie, dont certaines avec volant à droite.
Importations du Japon ?
Non, selon certaines sources albanaises. Ces voitures viennent du Royaume-Uni !
Achetées là-bas en toute légalité, elles sont « malencontreusement volées », remboursées par une assurance … et réapparaissent un peu plus tard en Albanie.
No comment : amusantes, étonnantes, intrigantes ... quelques images qui n’ont pas trouvé leur place ailleurs dans le blog …