Du 9 au 18 mars 2026.
Petit par la taille — plus petit que la Bretagne — mais immense par sa diversité, la Macédoine du Nord nous a surpris à chaque étape. Traversé avec un seul plein de notre Sprinter, ce pays recèle pourtant une incroyable richesse : paysages préservés, héritage culturel foisonnant et rencontres d’une grande humanité.
Nous avons eu la chance de le découvrir sous un soleil presque inespéré pour la saison, comme un clin d’œil à son drapeau éclatant.
Dès les premiers kilomètres, le charme opère : une nature encore brute, une population chaleureuse et un subtil mélange d’influences qui donne au pays toute sa singularité.
La carte est interactive : vous pouvez zoomer et la déplacer à votre guise ...
La frontière entre la Bulgarie et la Macédoine du Nord est franchie en moins de quinze minutes, avec la complicité de fonctionnaires détendus et accueillants. Le premier contact avec ce nouveau pays est très encourageant : les macédoniens sont gentils, les maisons et paysages plus riants qu'en Bulgarie et nous mangeons fort bien pour 14 € à deux dans un petit restaurant de village. Comme en Bulgarie nous sommes couverts au niveau Internet par notre forfait Free et il nous reste seulement à trouver quelques milliers de denars, la monnaie locale. Un denar = 0,016 € et les billets de 10 tiennent lieu de petite monnaie !
Un dernier détail : nous sommes repassés à l'heure française donc il fait nuit à 18 h !
Skopje : une capitale entre deux mondes.
Le centre de Skopje est assez surprenant : la ville, traversée par le fleuve Vardar offre deux visages radicalement différents.
D’un côté le quartier moderne, reconstruit après le séisme de 1963 et rénové après l’indépendance du pays, avec ses bâtiments imposants, sa multitude de statues monumentales et la place de Macédoine, cœur de la ville. Une mise en scène presque théâtrale …
Sur cette même rive se trouve le musée consacré à Mère Térésa, native de la ville, face à la cathédrale de Skopje dont on se demande si elle en aurait apprécié le faste …
Une fois franchi le vieux pont de pierre, on bascule dans un autre univers. Le quartier du bazar, d’origine ottomane, plonge le visiteur dans une atmosphère orientale : ruelles pavées, minarets, petites échoppes. Nous sommes en plein ramadan et autour des mosquées les hommes sont attablés aux terrasses des cafés … devant des tables vides !
À quelques kilomètres seulement de la capitale, les Gorges de Matka offrent une parenthèse nature spectaculaire, idéale pour une randonnée au calme.
Tetovo : en pays d’Islam.
Nous continuons vers l’ouest du pays jusqu’à Tetovo, proche des monts Sar et du Kosovo.
La région est peuplée de turcs et surtout de 80 % d’albanais comme le prouvent ses boutiques, ses mosquées et ses restaurants. La ville est animée et les gens très sympathiques mais elle n'a pas de charme particulier. Pourtant elle recèle une petite merveille : sa mosquée en bois du 15ème siècle, richement décorée à l'intérieur comme l'extérieur. Nous laissons passer l'heure de la grande prière du vendredi avant d'en visiter l'intérieur.
Bien que nous soyons en plein ramadan, l'ambiance est très bon enfant comme partout en Macédoine.
Nous déjeunons dans un petit restaurant qui propose des menus à 11 €. C'est beaucoup trop copieux pour nous (il y a notamment un petit poulet entier chacun !). Nous ramenons la moitié de notre commande dans un doggy bag au camping-car ...
De lac en lac : Mavrovo, Debar, Ohrid ...
Nous poursuivons notre route dans la montagne, plein sud, sous le soleil. Dans la journée il fait très bon mais la nuit le thermomètre descend jusqu’à -6°. Les paysages autour du Parc national de Mavrovo et des lacs de la région sont magnifiques : villages isolés, étendues sauvages, silence total.
Mais les accès ne sont pas toujours aisés. Notamment nous ne pourrons pas atteindre le petit village traditionnel de Galnitchik : la route grimpe terriblement jusqu'à atteindre la neige, se fait de plus en plus étroite et enneigée jusqu'au moment où nous arrivons sur des chasse-neige en train de dégager une avalanche ! Demi-tour obligatoire et petite montée d’adrénaline (heureusement les chasse-neige ont dégagé une petite plateforme sinon c'était plusieurs kilomètres en marche arrière).
Après la frontière du Kosovo, c'est maintenant celle d'Albanie que nous longeons jusqu’à atteindre Ohrid dont le lac est partagé entre les deux pays.
La ville est un peu touristique mais sous la citadelle, les ruelles et les maisons traditionnelles offrent un cadre absolument charmant. L’église de Église Saint-Jean de Kaneo, perchée au-dessus de l’eau, justifie à elle seule la promenade.
Les photos parlent d'elles-mêmes !
Notre dernière journée en Macédoine du Nord nous mène d’Ohrid jusqu'au sud du lac, près de la frontière albanaise. 25 kms seulement mais cette route longeant le lac vers le sud est un enchantement sur les flancs d’une montagne parsemée d'amandiers en fleurs. Nous faisons de nombreux arrêts près d'une cité lacustre paléolithique reconstituée, d'un castellum romain, d'un petit port et, pour finir, au monastère de St Naum, à quatre kilomètres de la frontière albanaise ...
Fin de cet article, demain nous serons en Albanie …
Ce qu’on retient de la Macédoine du Nord :
Le top :
Tous les macédoniens que nous avons rencontrés était souriants et très serviables. Peut-être un effet de la tradition de coexistence et de tolérance (traduit dans la constitution du pays) qui imprègne ce véritable patchwork d’identités ethniques et religieuses. D’origine slave ou albanaise, turque ou bosniaque, de religion orthodoxe ou musulmane, le macédonien est toujours sympa !
Le flop :
Par contre, si nous avons cru pendant quelques heures les Macédoniens plus propres que leurs voisins, qu’ils soient grecs, bulgares ou turcs, la réalité nous a vite rattrapés : il ne semble pas y avoir de déchetteries en Macédoine du Nord et les services de voirie en ville semblent bien aléatoires. Partout où il y a du monde, il y a des ordures !
Les bivouacs :
Un vrai paradis pour le voyage en van : liberté totale, nature intacte, et même des sources d’eau minérale partout en montagne ...
On the road again : retour en images sur cette traversée de la Macédoine du nord ...
Le saviez-vous ?
L’histoire de la Macédoine du Nord est celle d’un carrefour entre civilisations, empires et influences culturelles. Petit résumé en dix points (merci le Chat GPT :-) ) ...
- Dans l’Antiquité, la région fait partie du royaume de Macédoine antique, rendu célèbre par Alexandre le Grand au IVᵉ siècle av. J.-C.
- Après la conquête romaine au IIᵉ siècle av. J.-C., elle devient une province de l’Empire romain traversée par la célèbre Via Egnatia.
- Au VIᵉ et VIIᵉ siècles, des peuples slaves s’installent dans la région et modifient profondément sa composition culturelle.
- Du IXᵉ au XIVᵉ siècle, la région est disputée entre l’Empire byzantin et le Premier Empire bulgare.
- Au XIVᵉ siècle, elle est conquise par l’Empire ottoman, qui la contrôle pendant près de 500 ans.
- Au XIXᵉ siècle, les mouvements nationalistes balkaniques s’y développent, tandis que l’Empire ottoman décline.
- Après les Guerres balkaniques (1912-1913), la région est intégrée au Royaume de Serbie.
- Après la Seconde Guerre mondiale, elle devient une république de la Yougoslavie socialiste dirigée par Josip Broz Tito.
- En 1991, elle déclare son indépendance sous le nom de République de Macédoine.
- En 2019, après un accord avec la Grèce, le pays adopte officiellement le nom de Macédoine du Nord pour régler un long différend diplomatique.
L’anecdote :
La Macédoine a longtemps été connue pour être un mélange de peuples, de cultures et de langues : grecs, slaves, serbes, albanais, turcs et roms s'y côtoyaient. En français, le mot “macédoine” est donc devenu une métaphore pour désigner un mélange hétéroclite. Les cuisiniers ont repris cette idée pour nommer un plat composé de petits dés de légumes variés mélangés : carottes, petits pois, haricots verts, navets, pommes de terre, etc.
La galerie de portraits :
No comment : amusantes, étonnantes, intrigantes ... quelques images qui n’ont pas trouvé leur place ailleurs dans le blog …